Thématique · Mandat de facturation 7 min de lecture MAJ 21 août 2026 Facturation électronique 2026

Mandat de facturation :
qui émet la facture électronique à votre place ?

Expert-comptable, centrale d’achat, marketplace ou client : la loi autorise depuis longtemps qu’un tiers émette votre facture à votre place, sous mandat. Avec la généralisation de la facturation électronique, ce mécanisme reste valable, mais il se traduit désormais dans une plateforme agréée. Voici les cas concrets, le cadre légal et la question qui compte vraiment : qui reste responsable envers l’administration fiscale.

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La rédaction CFE · spécialistes facturation électronique 2026
Sources : DGFiP, Légifrance, FNFE-MPE
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166 PAplateformes agréées DGFiP
Art. 289 CGIcadre légal du mandat
1er sept. 2026réception obligatoire pour tous
0agrément définitif à ce jour
→ 4 angles pour comprendre le mandat de facturation

Qui peut émettre votre facture à votre place ?

Qu’est-ce qu’un mandat de facturation ?

Expert-comptable et dirigeant signant un mandat de facturation électronique en cabinet
Expert-comptable et dirigeant signant un mandat de facturation électronique en cabinet

Un mandat de facturation est l’autorisation donnée par un fournisseur à un tiers pour émettre matériellement ses factures, en son nom et pour son compte. Ce mécanisme est prévu par l’article 289 du Code général des impôts, qui autorise tout assujetti à confier l’établissement de ses factures à un tiers ou à son client, selon les précisions apportées par le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).

Rien de nouveau ici : le mandat de facturation existe depuis des années, bien avant la réforme de la facturation électronique. Ce qui change avec l’obligation d’émission et de réception via une plateforme agréée, c’est que ce mandat doit désormais se traduire dans un environnement numérique où chaque facture porte l’identité fiscale du fournisseur, quel que soit celui qui l’a matériellement déposée. Le texte de référence reste consultable sur Légifrance, article 289 du CGI.

Point de vocabulaire : le mandat de facturation ne doit pas être confondu avec le mandat de représentation fiscale (qui concerne les entreprises étrangères sans établissement en France). Ici, le mandataire n’agit que sur l’aspect matériel de l’émission de la facture, jamais sur les obligations déclaratives de TVA du fournisseur.

Pourquoi ce sujet est mal compris

La confusion la plus fréquente consiste à croire que celui qui appuie sur le bouton « émettre » dans une plateforme agréée devient, de fait, responsable de la facture. C’est faux. Le mandat de facturation délègue uniquement l’acte matériel d’émission, jamais la qualité d’assujetti ni la dette de TVA, qui restent attachées au fournisseur tout au long de la chaîne.

Les 2 cas prévus par la loi : autofacturation et sous-traitance

Le BOFiP distingue précisément deux situations dans lesquelles un tiers peut émettre une facture à la place du fournisseur. Elles répondent aux mêmes règles de fond, mais concernent des acteurs différents.

L’autofacturation : le client émet la facture

Dans l’autofacturation, c’est le client, c’est-à-dire l’acheteur, qui établit lui-même la facture pour le compte de son fournisseur. C’est le cas classique de la grande distribution ou d’une centrale d’achat qui, à réception de la marchandise, émet directement la facture d’achat au nom du fournisseur référencé, plutôt que d’attendre que celui-ci la lui adresse. Le fournisseur reste l’assujetti, mais ne rédige matériellement aucune facture.

La sous-traitance de facturation : un tiers extérieur émet la facture

Dans la sous-traitance de facturation, le mandataire n’est ni le fournisseur ni le client : c’est un tiers extérieur à la transaction commerciale. Un expert-comptable qui édite les factures de ses clients, un prestataire de facturation, ou une marketplace qui facture l’acheteur final au nom du vendeur qu’elle héberge, relèvent de ce second cas. La facture reste adressée au véritable client, mais son émission matérielle est déléguée.

3conditions de validité du mandat 2cas prévus : client ou tiers 1responsable fiscal : le fournisseur

Dans les deux cas, trois conditions cumulatives conditionnent la validité de l’opération, selon le BOFiP : un mandat préalable conclu avant la première facture émise, une acceptation de chaque facture par le fournisseur (expresse ou tacite), et l’apposition de la mention « Autofacturation » sur les factures concernées par ce dispositif.

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Qui reste responsable envers l’administration fiscale

C’est le point le plus mal compris, et le plus important. Que la facture soit émise par le fournisseur lui-même, par son client en autofacturation, ou par un expert-comptable en sous-traitance de facturation, le fournisseur conserve l’entière responsabilité de ses obligations en matière de facturation, selon les termes du BOFiP. Il reste seul redevable de la TVA collectée et ne peut pas invoquer la défaillance ou le retard de son mandataire pour s’exonérer d’une régularisation.

Le fournisseur conserve l’entière responsabilité de ses obligations en matière de facturation. Il reste redevable de la TVA et ne peut arguer de la défaillance ou du retard de son mandataire.

BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-20-10, §440 et §450

Cette règle a une conséquence directe sur les sanctions. En cas de facture non conforme ou de manquement aux obligations de facturation, l’article 1737 du Code général des impôts prévoit une amende de 50 € par facture non conforme, plafonnée à 15 000 euros par an et par entreprise. C’est le fournisseur, en tant qu’assujetti, qui supporte ce risque, même si l’erreur provient d’un mandataire qu’il a lui-même désigné. Le détail des sanctions figure sur Légifrance, article 1737 du CGI.

À vérifier avant de mandater : un mandat de facturation ne protège pas contre les sanctions si la facture émise par votre mandataire est incomplète ou erronée. Vérifiez régulièrement les factures déposées en votre nom, même si vous n’en êtes pas l’auteur matériel.

Ce que le mandat doit prévoir par écrit

Centrale d'achat traitant les factures électroniques de ses fournisseurs référencés
Centrale d’achat traitant les factures électroniques de ses fournisseurs référencés

Légalement, le mandat de facturation n’exige pas de formalisme particulier : il peut être matérialisé par un accord écrit ou prendre la forme d’un mandat tacite, sauf lorsque le client mandaté est établi hors de l’Union européenne, cas où l’écrit devient obligatoire. Dans la pratique, un écrit reste fortement conseillé pour toute relation professionnelle durable, car il doit pouvoir être présenté en cas de contrôle fiscal.

Un mandat de facturation bien rédigé prévoit généralement :

  • L’identification précise du mandant (fournisseur) et du mandataire (client ou tiers)
  • Le périmètre exact des factures concernées (quels clients, quelles prestations, quelle durée)
  • Les modalités d’acceptation de chaque facture par le fournisseur, expresse ou tacite
  • L’obligation d’apposer la mention « Autofacturation » sur les factures concernées
  • Les délais d’émission et la procédure de correction en cas d’erreur
  • Les conditions de résiliation du mandat
À retenir : le mandat de facturation organise la répartition opérationnelle des tâches (qui saisit, qui dépose, qui transmet). Il ne peut jamais transférer la responsabilité fiscale, qui reste attachée au fournisseur assujetti. Si votre mandataire émet une facture erronée, c’est vous qui devrez la corriger, pas lui.

Comment le mandat se traduit dans une plateforme agréée

Avec l’obligation de passer par une plateforme agréée pour émettre et recevoir des factures électroniques, le mandat de facturation ne disparaît pas : il se traduit techniquement dans l’outil. Concrètement, une facture déposée sur une PA porte toujours l’identité fiscale (SIREN) du fournisseur mandant, indépendamment de la personne qui l’a matériellement saisie et déposée.

Pour un expert-comptable qui gère les mandats de plusieurs clients, cela se traduit par un accès délégué au dossier de chaque client sur sa plateforme agréée, plutôt que par un compte unique où les factures perdraient leur rattachement fiscal individuel. Certaines PA orientées cabinets, comme Pennylane ou Tiime, structurent nativement ce fonctionnement multi-dossiers, avec un espace collaboratif entre le cabinet et chacun de ses clients. Le principe reste identique quelle que soit la plateforme choisie : le mandataire dispose d’un droit d’accès, pas d’une identité de facturation propre.

Point technique : une facture émise sous mandat suit le même cycle de vie (déposée, reçue, acceptée, refusée, mise en paiement) qu’une facture émise directement par le fournisseur. La plateforme agréée ne différencie pas, dans ses obligations envers l’administration, une facture autofacturée d’une facture émise en direct : seul le SIREN du fournisseur compte pour le rattachement fiscal.

Ce fonctionnement est cohérent avec la doctrine de l’administration : le rôle d’une plateforme agréée est de transmettre les factures et les données fiscales, pas de porter la responsabilité de leur contenu. Cette responsabilité reste, dans tous les cas, celle du fournisseur assujetti.

Sur les 166 PA immatriculées, certaines sont particulièrement pensées pour la gestion de mandats et de dossiers multiples (cabinets comptables, gestionnaires multi-entités) :

Cas pratiques : expert-comptable, centrale d’achat, marketplace, client

Quatre situations concrètes reviennent le plus souvent dans les questions des lecteurs. Elles se rattachent toutes aux deux cas légaux vus plus haut, mais méritent d’être détaillées séparément.

Expert-comptableSous-traitance

Le cabinet émet les factures de ses clients sur mandat exprès. Cas le plus fréquent : facturation récurrente (abonnements, honoraires) où le client délègue la saisie à son comptable tout en validant chaque facture avant envoi.

Centrale d’achatAutofacturation

L’acheteur (la centrale) émet la facture au nom du fournisseur référencé, souvent au moment de la réception des marchandises. Fréquent dans la grande distribution et l’agroalimentaire, où le volume justifie ce sens de facturation inversé.

MarketplaceSous-traitance

La plateforme facture l’acheteur final au nom du vendeur tiers qu’elle héberge, sous mandat. Notre article dédié détaille qui émet la facture pour les vendeurs Amazon et Etsy avec la réforme 2026.

Client classiqueAutofacturation

Hors distribution, un client peut aussi mandater son propre fournisseur, par exemple un prestataire récurrent, pour éviter les allers-retours de saisie. Chaque facture doit rester acceptée individuellement par le fournisseur.

Dans les quatre cas, la question à se poser n’est jamais « qui a le droit d’émettre » mais « qui reste responsable si la facture est fausse ou en retard ». La réponse ne change pas : c’est toujours le fournisseur assujetti. Si vous démarrez votre entreprise et vous demandez si cette réforme vous concerne directement, notre guide facture électronique : êtes-vous concerné par la réforme 2026 répond point par point.

Une idée reçue circule d’ailleurs beaucoup depuis l’annonce du calendrier 2026-2027 : certains pensent qu’un mandataire qui émet la facture devient automatiquement responsable en cas de contrôle. Ce n’est pas le cas, et notre article sur les idées reçues sur le 1er septembre 2026 revient sur cette confusion et d’autres erreurs fréquentes.

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FAQ : mandat de facturation

Qu’est-ce qu’un mandat de facturation ?

Un mandat de facturation est l’autorisation donnée par un fournisseur à un tiers (client, expert-comptable, prestataire) pour émettre matériellement ses factures en son nom et pour son compte. Il est prévu par l’article 289 du Code général des impôts et ne transfère jamais la responsabilité fiscale du fournisseur.

Le mandat de facturation doit-il obligatoirement être écrit ?

Non, sauf lorsque le client mandaté est établi hors Union européenne, cas où l’écrit est obligatoire. Dans les autres situations, un mandat tacite est juridiquement valable, mais un écrit reste fortement recommandé pour se prémunir en cas de contrôle fiscal.

Qui reste responsable de la TVA quand un tiers émet la facture ?

Le fournisseur, c’est-à-dire l’assujetti mandant, reste dans tous les cas redevable de la TVA et responsable du contenu de ses factures, même si un tiers les a matériellement établies. Il ne peut pas invoquer la défaillance ou le retard de son mandataire pour s’exonérer.

Quelle est la différence entre autofacturation et sous-traitance de facturation ?

Dans l’autofacturation, c’est le client (l’acheteur) qui émet la facture en lieu et place de son fournisseur, cas fréquent avec les centrales d’achat. Dans la sous-traitance de facturation, un tiers extérieur à la transaction (expert-comptable, prestataire, marketplace) émet la facture pour le compte du fournisseur, adressée au véritable client.

Une marketplace peut-elle émettre la facture à la place du vendeur ?

Oui, sous mandat exprès du vendeur, une marketplace peut établir matériellement la facture adressée à l’acheteur final. Le vendeur reste néanmoins l’assujetti responsable de la TVA et du contenu de la facture envers l’administration fiscale.

Comment le mandat de facturation fonctionne-t-il avec une plateforme agréée ?

La facture déposée sur la plateforme agréée porte toujours l’identité fiscale (SIREN) du fournisseur mandant, quel que soit celui qui l’a matériellement établie. Le mandataire dispose d’un accès délégué au dossier du fournisseur pour déposer les factures en son nom, mais le cycle de vie et le rattachement fiscal restent liés au fournisseur.

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