Sectoriel · Immobilier locatif 9 min de lecture MAJ 13 août 2026 Bailleurs · SCI · LMNP

Quittance de loyer et facturation électronique :
que doivent faire les bailleurs ?

Une quittance de loyer n’est pas une facture, et la plupart des bailleurs particuliers n’ont rien à changer au 1er septembre 2026. Mais dès qu’un loyer est soumis à la TVA — option sur un local commercial, para-hôtellerie, certaines SCI — la facturation électronique s’applique. Voici comment distinguer précisément votre situation.

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La rédaction CFE · spécialistes facturation électronique 2026
Sources : DGFiP, Légifrance, service-public.fr, FNFE-MPE
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1er sept. 2026réception obligatoire, toutes entreprises
1er sept. 2027émission TPE, PME et micro
166 PAimmatriculées au 13/08/2026
15 €par facture non conforme (art. 1737 CGI)
→ 4 profils de bailleurs face à la réforme

De quel cas relevez-vous ?

Quittance ou facture : la distinction qui change tout

Bailleur remettant les clés d'un logement loué, quittance de loyer et bail
Bailleur remettant les clés d’un logement loué, quittance de loyer et bail

La confusion alimente beaucoup d’inquiétudes chez les propriétaires. La quittance de loyer est un reçu : elle atteste que le locataire a réglé son loyer et ses charges. Le bailleur la remet gratuitement à tout locataire qui la demande, comme le prévoit la loi du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs. Ce document n’est ni une facture commerciale, ni une pièce fiscale soumise à la TVA.

La réforme de la facturation électronique, elle, vise les factures échangées entre assujettis à la TVA pour leurs opérations réalisées en France, selon le cadre présenté par la DGFiP sur impots.gouv.fr. Elle impose trois choses aux entreprises concernées : recevoir les factures au format électronique dès le 1er septembre 2026, les émettre via une Plateforme Agréée selon le calendrier officiel, et transmettre certaines données de transaction à l’administration (e-reporting).

Traduction concrète : émettre une quittance à votre locataire ne déclenche aucune obligation de facturation électronique. La bonne question n’est pas « quittance ou facture ? » mais « vos loyers sont-ils soumis à la TVA ? »

Pourquoi les bailleurs se posent la question

Parce que le monde locatif mélange des situations très différentes : particulier qui loue un studio nu, SCI à l’IR ou à l’IS, loueur en meublé, foncière ayant opté pour la TVA sur des bureaux. La réforme s’applique aux assujettis à la TVA, pas à un statut juridique : c’est le régime TVA de chaque location qui détermine vos obligations — le fil conducteur de ce guide, à compléter avec notre guide de la facturation électronique 2026.

Location nue d’habitation : les bailleurs particuliers hors champ

La location nue à usage d’habitation est exonérée de TVA, sans possibilité d’option, en application de l’article 261 D du Code général des impôts. Un particulier qui loue un appartement vide ne facture pas d’opération taxable : il n’entre pas dans le circuit d’émission de la réforme pour ses loyers.

Concrètement, rien ne change pour ce bailleur au 1er septembre 2026 : la quittance peut continuer à partir par courrier ou par email, le bail se gère comme avant et aucune Plateforme Agréée n’est requise pour encaisser les loyers. La location meublée d’habitation longue durée, elle aussi exonérée par le même article 261 D lorsqu’elle ne s’accompagne pas de prestations para-hôtelières, suit la même logique.

À retenir : bailleur particulier en location nue — ou meublée classique, sans services hôteliers — vous n’avez aucune facture électronique à émettre pour vos loyers, aucune plateforme à choisir et aucune sanction à craindre sur ce point.

Un cas mérite toutefois attention : si vous exercez par ailleurs une activité indépendante (freelance, profession libérale, commerce), c’est cette activité — et non votre location nue — qui vous soumet au calendrier de la réforme, avec une obligation de réception dès septembre 2026.

Les locations soumises à TVA entrent dans le champ de la réforme

Dès qu’un loyer est soumis à la TVA et facturé à un locataire lui-même assujetti, la location devient une opération concernée par la facturation électronique. Deux articles du Code général des impôts structurent ces situations : l’article 260 (option pour la TVA sur les locaux professionnels) et l’article 261 D (exonérations des locations), consultables sur Légifrance. Quatre profils couvrent l’essentiel des cas.

Locaux commerciauxOption TVA

La location nue de bureaux, boutiques ou entrepôts est exonérée par défaut, mais l’option TVA est fréquente, notamment pour récupérer la taxe sur les travaux. Avec option, les loyers deviennent des opérations taxables à facturer électroniquement.

Para-hôtellerieTVA de plein droit

Meublé accompagné de prestations de type hôtelier : activité soumise à la TVA. Les factures adressées à des clients professionnels devront passer par une Plateforme Agréée selon le calendrier de la réforme.

SCI assujettiesIS ou option

SCI ayant opté pour la TVA sur des locaux professionnels, ou SCI à l’IS exerçant une activité taxable : émission et réception via Plateforme Agréée aux échéances officielles, comme toute entreprise.

Franchise en baseToujours concerné

Un assujetti en franchise de TVA ne facture pas la taxe, mais reste dans le champ de la réforme : réception dès septembre 2026, émission en septembre 2027 pour les petites structures.

Location meublée : où passe la ligne para-hôtelière ?

La plupart des locations meublées longue durée restent exonérées de TVA. L’exonération tombe lorsque le loueur propose, dans des conditions proches de l’hôtellerie, au moins trois prestations parmi : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception de la clientèle (article 261 D du Code général des impôts). Un loueur en meublé effectivement assujetti à la TVA à ce titre doit alors émettre ses factures via une Plateforme Agréée aux échéances de la réforme.

Le régime de la franchise en base ne fait pas sortir du champ : il dispense de facturer la TVA, pas de respecter le calendrier de la facturation électronique. Pour situer votre activité entre franchise, réel simplifié et réel normal, notre guide des régimes de TVA pose les bases. Et retenez ce point structurant : le PPF ne propose plus de portail gratuit d’émission — le passage par une Plateforme Agréée est obligatoire pour facturer électroniquement.

→ Bailleur assujetti : quelle plateforme pour vos loyers ? Quiz 2 min, recommandations personnalisées parmi 166 plateformes immatriculées.
Faire le quiz →

SCI : le cas qui concentre toutes les incertitudes

Échéances du calendrier de la facturation électronique pour les bailleurs assujettis
Échéances du calendrier de la facturation électronique pour les bailleurs assujettis

La SCI familiale à l’IR qui loue des logements nus sans option TVA n’a pas de facture électronique à émettre pour ses loyers exonérés. À l’inverse, une SCI qui a opté pour la TVA sur des locaux professionnels, ou une SCI à l’IS dont l’activité locative est taxable, entre dans le champ de l’émission comme n’importe quelle entreprise.

Reste la réception. La réforme impose à toutes les entreprises de pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. Or une SCI reçoit des factures de ses fournisseurs : syndic, artisans, diagnostiqueurs. Pour les structures dont les loyers sont exonérés, le périmètre exact dépend de leur qualité d’assujetti : vérifiez-le avec votre expert-comptable ou dans la documentation de la DGFiP.

Prudence : ne déduisez pas de l’exonération de vos loyers que votre SCI peut ignorer la réforme. L’obligation de réception au 1er septembre 2026 concerne toutes les entreprises : faites vérifier le statut TVA exact de votre société avant l’échéance.

Les bailleurs sociaux, offices HLM et syndics de copropriété relèvent de problématiques spécifiques — volumes importants, marchés publics, appels de charges. Notre guide dédié à la facturation électronique en copropriété et chez les bailleurs sociaux les traite en détail.

Calendrier et sanctions : ce qui attend les bailleurs assujettis

Pour les bailleurs entrant dans le champ, le calendrier est celui de toutes les entreprises. La réception devient obligatoire pour tous le 1er septembre 2026 ; l’émission s’impose à la même date aux grandes entreprises et aux ETI, puis le 1er septembre 2027 aux PME, TPE et micro-entreprises — la catégorie de la plupart des bailleurs professionnels et des SCI.

À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’émission devient obligatoire à la même date pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, puis au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.

Calendrier de la réforme · DGFiP, impots.gouv.fr

Les manquements ont un coût. L’article 1737 du CGI prévoit une amende de 50 € par facture non émise au format électronique, plafonnée à 15 000 € par an et par entreprise. Côté e-reporting, chaque transmission manquante est sanctionnée de 500 €, dans la limite de 15 000 € par an.

15 €par facture non conforme 15 000 €plafond annuel (art. 1737 CGI) 500 €par e-reporting manquant

L’e-reporting concerne d’ailleurs directement certains bailleurs : les opérations réalisées avec des non-assujettis — des loyers taxables facturés à des particuliers, par exemple — donnent lieu à une transmission de données de transaction à l’administration. Le fonctionnement complet du dispositif est détaillé dans notre guide complet de la facturation électronique 2026.

Vous découvrez la réforme tardivement ? Pas de panique : notre plan d’action pour les retardataires de la facturation électronique détaille les étapes à enclencher en priorité.

Choisir une Plateforme Agréée quand on est bailleur

Au 13 août 2026, 166 Plateformes Agréées (anciennement PDP) sont immatriculées à titre provisoire, et aucun agrément définitif n’a encore été délivré. Le PPF ne proposant plus de portail gratuit d’émission, le passage par l’une d’elles est obligatoire pour émettre des factures électroniques. Notre état des lieux des plateformes agréées tient la liste à jour.

Les critères d’un bailleur diffèrent de ceux d’un commerçant : volume de factures souvent faible mais récurrent, quittancement mensuel à côté des loyers facturés, intégration comptable (surtout pour une SCI à l’IS), gestion de plusieurs baux ou entités, coût total. Inutile de déployer un ERP : pour quelques baux professionnels, une solution de facturation simple pensée pour les indépendants comme Indy suffit largement.

Trois plateformes simples pour petits volumes

Pour les foncières et les bailleurs institutionnels traitant des volumes importants, des plateformes orientées gestion ou ERP figurent aussi parmi les 166 immatriculées : le quiz les intègre selon votre profil et vos outils existants.

Les erreurs courantes des bailleurs face à la réforme

  • Confondre quittance et facture : la quittance reste un simple reçu, la réforme ne la fait pas disparaître et ne la transforme pas en facture électronique.
  • Oublier une option TVA ancienne : une option posée il y a des années sur un local commercial suffit à faire entrer les loyers dans le champ de la réforme.
  • Raisonner uniquement « émission » : la réception du 1er septembre 2026 concerne toutes les entreprises, y compris beaucoup de structures qui n’émettront jamais de facture.
  • Choisir un outil non immatriculé : vérifiez que la plateforme figure bien parmi les 166 immatriculées par la DGFiP avant de vous engager.
  • Attendre 2027 : vos fournisseurs — syndics, artisans, gestionnaires — passeront à l’électronique dès 2026 ; anticiper évite les factures perdues et les litiges de charges.
→ Bailleurs & SCI

Trouvez la plateforme adaptée à vos loyers

2 minutes pour identifier les plateformes qui collent à votre situation : SCI, meublé, locaux commerciaux avec option TVA. Vous pouvez aussi démarrer directement avec Tiime, dont la formule de facturation est gratuite.

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Pour le panorama complet du secteur, voyez notre guide de la facturation électronique dans l’immobilier, et le cas particulier de la copropriété et des bailleurs sociaux.

FAQ : quittance de loyer et facturation électronique

Un bailleur particulier doit-il émettre des factures électroniques pour ses loyers ?

Non, dans la grande majorité des cas. La location nue d’habitation est exonérée de TVA sans possibilité d’option : le bailleur particulier n’a ni facture électronique à émettre, ni Plateforme Agréée à choisir pour ses loyers. La quittance de loyer continue de fonctionner exactement comme avant.

La quittance de loyer va-t-elle disparaître avec la facturation électronique ?

Non. La quittance n’est pas une facture : c’est un reçu qui atteste le paiement du loyer et des charges, remis gratuitement au locataire qui le demande en application de la loi du 6 juillet 1989. La réforme ne modifie ni son contenu, ni son mode d’envoi.

Ma SCI est-elle concernée par la facturation électronique ?

Cela dépend de son régime. Une SCI à l’IR qui loue des logements nus sans option TVA n’a pas de facture électronique à émettre pour ses loyers exonérés. Une SCI qui a opté pour la TVA, ou une SCI à l’IS dont l’activité est taxable, entre dans le champ de la réforme. L’obligation de réception au 1er septembre 2026 concerne par ailleurs toutes les entreprises : vérifiez le statut TVA exact de votre société avec votre expert-comptable.

Un loueur en meublé (LMNP ou LMP) est-il concerné ?

La location meublée longue durée classique est exonérée de TVA et reste hors du champ de l’émission. En revanche, un loueur qui fournit des prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage régulier, fourniture de linge, réception) est assujetti à la TVA : il doit émettre ses factures via une Plateforme Agréée selon le calendrier de la réforme.

Que risque un bailleur assujetti qui n’émet pas ses factures au format électronique ?

L’article 1737 du CGI prévoit une amende de 50 € par facture non conforme, plafonnée à 15 000 € par an et par entreprise. Un manquement à l’e-reporting est sanctionné de 500 € par transmission manquante, dans la limite de 15 000 € par an.

Quelle Plateforme Agréée choisir quand on est bailleur ?

166 plateformes sont immatriculées provisoirement au 13 août 2026, et aucun agrément définitif n’a encore été délivré. Pour un bailleur assujetti, comparez le volume de loyers à facturer, l’intégration comptable et le coût total. Notre quiz gratuit identifie en 2 minutes les plateformes adaptées à votre profil de bailleur.

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