Meilleurs logiciels de facturation électronique gratuits 2026 : guide complet
Avec la réforme de la facturation électronique qui entre en vigueur le 1er septembre 2026, des centaines de milliers de freelances, auto-entrepreneurs, professions libérales BNC et TPE cherchent une solution conforme sans casser leur trésorerie. Sur les 151 plateformes agréées par la DGFiP, plusieurs proposent un accès vraiment gratuit, conforme aux formats Factur-X, UBL et CII. Ce guide détaille les quatre PA gratuites qui tiennent la promesse en 2026 : Indy, Tiime, Abby et Shine Facture.
- Sur les 151 PA agréées par la DGFiP, seules quatre proposent un accès durablement gratuit et conforme : Indy↗, Tiime, Abby et Shine Facture.
- Indy reste le plus complet pour les freelances en BNC et professions libérales : compta automatisée, déclaration de TVA et liasse 2035 incluses jusqu’à 247 000 EUR de CA.
- Tiime est le seul 100 % illimité sur la facturation, sans plafond de CA ni de volume, avec deux mois Premium offerts à l’inscription.
- Abby cible les auto-entrepreneurs avec un parcours simplifié et le suivi URSSAF intégré ; Shine Facture est gratuit à vie, accessible même sans compte pro.
- Le « gratuit » couvre largement les besoins en dessous de 50 factures par mois. Au-delà, ou à 3 utilisateurs, le passage à une offre payante (15-30 EUR/mois) devient rentable.
- Toutes les solutions listées ici sont sur la liste officielle DGFiP et conformes aux formats Factur-X, UBL et CII.
Pourquoi un logiciel de facturation électronique gratuit reste possible en 2026
L’idée reçue circule depuis 2023 : la réforme de la facturation électronique obligerait toutes les entreprises à payer un logiciel certifié. C’est faux. La DGFiP n’a jamais imposé un modèle économique précis aux plateformes agréées. Elle exige un statut juridique (PA, ou Plateforme Agréée), une conformité technique aux formats structurés Factur-X, UBL et CII, et une capacité d’archivage probant à valeur probatoire pendant 10 ans. Le prix facturé à l’utilisateur final est libre, et plusieurs éditeurs ont fait le choix stratégique d’un freemium agressif pour capter une clientèle qui basculera, ou non, vers leurs offres payantes au fil de sa croissance.
Concrètement, une PA gratuite est juridiquement équivalente à une PA payante au regard de la réforme. Si le logiciel apparaît sur la liste officielle DGFiP avec un numéro d’immatriculation, vos factures émises ou reçues via cet outil seront 100 % conformes au 1er septembre 2026. Aucun risque de redressement, aucune amende de 15 EUR par facture, aucun problème d’archivage. La nuance, c’est que la gratuité s’accompagne presque toujours de limites : volume mensuel plafonné, plafond de chiffre d’affaires, fonctionnalités avancées verrouillées, support email standard plutôt que chat en direct.
Il faut aussi distinguer une PA gratuite d’une PA (anciennement PDP) gratuite. La PA (Plateforme Agréée) est l’ancien nom du dispositif, désormais regroupé sous le terme PA par la DGFiP. Tous les éditeurs cités dans ce guide sont enregistrés au registre officiel mis à jour mensuellement. Et tous offrent une porte de sortie : si vous décidez de migrer vers une autre plateforme dans deux ans, l’archivage probant 10 ans imposé par la réforme garantit l’export complet de vos factures aux formats légaux. Vous n’êtes jamais prisonnier d’une PA gratuite, c’est une garantie réglementaire.
Reste une question légitime : pourquoi un éditeur miserait-il sur le gratuit alors qu’il existe une obligation légale qui pousse mécaniquement les utilisateurs à s’équiper ? La réponse tient en un mot : acquisition. Pour Indy, capturer aujourd’hui les freelances en début d’activité, c’est s’assurer une part de marché sur la compta automatisée payante quand ces mêmes freelances dépasseront 247 000 EUR de CA. Pour Tiime et Shine, c’est un appel d’air vers le compte pro et les services bancaires intégrés. Pour Abby, c’est verrouiller le marché des micro-entrepreneurs avant que la concurrence ne s’y installe. Le gratuit n’est pas une promo temporaire, c’est un pilier de modèle économique.
Les critères pour choisir une PA gratuite vraiment fiable en 2026
Toutes les PA gratuites ne se valent pas, et certaines pratiques courantes en 2026 transforment la promesse de gratuité en piège commercial. Avant d’inscrire vos coordonnées, votre numéro SIREN et vos clients dans une plateforme, voici les cinq critères que nous appliquons systématiquement dans nos tests, pondérés par leur impact réel sur la viabilité long terme du choix.
Premier critère : conformité DGFiP et support des formats Factur-X. C’est non négociable. Le logiciel doit figurer sur la liste officielle des plateformes agréées avec un numéro d’immatriculation valide, et supporter au minimum le format Factur-X (PDF avec XML embarqué, recommandé pour les TPE et indépendants en France). Le support de UBL 2.1 et CII devient indispensable si vous travaillez avec des grands comptes ou à l’international. L’archivage probant 10 ans doit être inclus dans le gratuit, pas vendu en option. Sur les 151 PA, un peu plus d’une vingtaine seulement supportent Factur-X nativement, c’est un filtre violent.
Deuxième critère : pas de carte bancaire à l’inscription. Une PA réellement gratuite ne vous demande jamais de saisir une carte bancaire pour activer le compte. Si l’éditeur exige une CB « pour vérifier votre identité » ou « débloquer la version gratuite après essai », vous êtes sur un freemium déguisé qui basculera en prélèvement automatique au bout de 14 ou 30 jours. Indy, Tiime et Shine Facture respectent cette règle de manière intransigeante. Abby demande une CB uniquement pour activer l’essai du plan payant, mais pas pour le gratuit limité.
Troisième critère : limites de volume et de fonctionnalités explicites. Une PA gratuite honnête publie ses plafonds noir sur blanc sur sa page tarifaire. Plafond de factures par mois ? Plafond de CA annuel ? Nombre maximal de clients enregistrés ? Restrictions sur les modèles personnalisés ou les relances automatiques ? Si la grille tarifaire est floue, ou si l’éditeur ne mentionne le plafond qu’au moment où vous l’atteignez, méfiance. Dans notre comparatif, Tiime ne plafonne aucun volume sur la facturation. Indy bascule en payant à 247 000 EUR de CA. Abby limite le volume mensuel. Shine est illimité.
Quatrième critère : évolutivité freemium vers payant sans perte de données. Le jour où votre activité dépasse les limites du gratuit, le passage au payant doit se faire en quelques clics depuis votre compte, sans migration technique, sans réimport de fichiers et sans rupture dans l’historique. Vos clients, vos modèles de factures, vos relances en cours, votre archivage probant doivent rester accessibles à l’identique. Les quatre PA listées dans ce guide cochent toutes cette case ; ce n’est pas le cas d’éditeurs qui forcent un changement de plan technique avec export-réimport CSV manuel.
Cinquième critère : support et documentation accessibles en gratuit. Le support en version gratuite est presque toujours dégradé : email standard avec réponse en 24 à 72 heures, pas de chat en direct, pas de téléphone. C’est acceptable pour un usage léger, c’est invivable si vous dépendez du logiciel pour facturer 80 clients par mois. Le critère qui compte vraiment, c’est la qualité de la documentation francophone : un centre d’aide bien fait avec des tutoriels vidéo couvre 95 % des questions sans solliciter le support. Indy et Tiime sont en tête sur ce point ; Abby compense par une communauté d’auto-entrepreneurs très active.
Les 4 logiciels gratuits que nous recommandons en 2026
Après avoir testé pendant trois mois les versions gratuites des principales PA et croisé les retours d’utilisateurs sur les avis publics et notes de stores, quatre solutions se détachent nettement : Indy pour les freelances en BNC, Tiime pour la facturation pure illimitée, Abby pour les auto-entrepreneurs, et Shine Facture pour ceux qui veulent un outil sans compte pro associé. Voici le détail pour chacune.
Indy : la référence pour les freelances en BNC et professions libérales
Indy est notre première recommandation pour tous les indépendants en Bénéfices Non Commerciaux : médecins, avocats, consultants, kinés, ostéopathes, psychologues, traducteurs, et plus largement tout freelance imposé en BNC. La promesse est unique sur le marché : une plateforme qui combine facturation électronique conforme DGFiP, comptabilité automatisée, et déclaration de TVA incluses dans le plan gratuit jusqu’à 247 000 EUR de chiffre d’affaires annuel. Score global de notre comparatif : 9,2 / 10, en tête sur les axes tarifs et avis utilisateurs.
Ce qui est gratuit avec Indy. Le plan gratuit donne accès à la facturation électronique illimitée au format Factur-X, à la connexion bancaire automatique avec catégorisation des transactions, à la déclaration de TVA mensuelle ou trimestrielle pré-remplie, à la liasse fiscale 2035 automatisée pour les BNC, à la déclaration URSSAF intégrée, et à un archivage probant 10 ans conforme à la réforme. Vous pouvez ajouter autant de clients que nécessaire, créer des modèles personnalisés, configurer des relances automatiques, et exporter vos données comptables au format FEC à tout moment. C’est l’offre gratuite la plus complète du marché en 2026.
Limites du gratuit Indy. Le plan gratuit bascule automatiquement en abonnement payant à partir de 247 000 EUR de chiffre d’affaires annuel, à 9 EUR par mois pour les structures unipersonnelles. Au-delà de ce seuil, vous accédez aussi aux fonctions de comptabilité avancée (rapprochement bancaire fin, suivi des immobilisations, gestion multi-comptes). Les fonctions multi-utilisateurs avec droits différenciés sont elles aussi réservées aux plans payants, ce qui rend Indy moins adapté aux structures avec plusieurs associés ou collaborateurs.
Pour qui est-ce fait. Indy est imbattable pour le freelance solo en BNC ou en libéral, pour qui la combinaison facturation + compta + déclaration TVA en gratuit représente une économie d’environ 350 EUR par an versus une PA payante équivalente. C’est aussi un excellent choix pour les SASU ou EURL unipersonnelles en libéral, et pour les freelances qui anticipent une croissance progressive : la bascule au payant est indolore quand elle arrive.
Tiime : la facturation 100 % illimitée sans plafond de CA
Tiime est la seule PA agréée qui propose une facturation totalement illimitée et gratuite, sans plafond de chiffre d’affaires, sans plafond de volume, sans limite de clients. C’est l’offre la plus généreuse du marché et la meilleure option pour les TPE en croissance qui ne veulent pas être bloquées par un seuil arbitraire. Score global : 9,0 / 10, premier sur ergonomie et application mobile.
Ce qui est gratuit avec Tiime. Vous bénéficiez d’un nombre illimité de factures émises au format Factur-X conforme DGFiP, d’une application mobile native iOS et Android particulièrement bien notée sur les stores, des devis illimités avec acceptation en ligne, des relances automatiques par email sur les factures impayées, du suivi des paiements en temps réel, et de l’archivage probant 10 ans. À l’inscription, vous bénéficiez en plus d’un essai Premium de 2 mois offerts qui débloque temporairement les fonctions payantes (reporting avancé, multi-utilisateurs, intégration comptable). Aucune carte bancaire demandée pour activer le compte.
Limites du gratuit Tiime. Les fonctions verrouillées au plan Premium (17,99 EUR/mois) ou Business (24,99 EUR/mois) sont les multi-utilisateurs avec droits différenciés, le reporting avancé, l’export comptable automatisé vers les logiciels d’expert-comptable (Cegid, Sage, Pennylane↗), et certaines intégrations CRM/ERP. Pour un freelance solo, ces limites n’ont aucun impact. Pour une TPE de 3 personnes ou plus, elles deviennent rapidement bloquantes.
Pour qui est-ce fait. Tiime est le meilleur choix pour les freelances et indépendants en BIC (commerçants, artisans, prestataires de services) qui n’ont pas besoin de comptabilité automatisée mais veulent une facturation fluide, mobile, et illimitée. C’est aussi un bon choix pour les TPE de 1 à 3 personnes tant qu’elles n’ont pas besoin de droits utilisateurs séparés. L’app mobile en fait une référence pour les artisans et commerçants en mobilité.
Abby : la solution la plus simple pour les auto-entrepreneurs
Abby est conçue depuis le premier jour pour un public unique : les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs. Là où Indy et Tiime servent un public mixte BNC/BIC/TPE, Abby a fait le choix de la spécialisation totale, ce qui donne une expérience utilisateur d’une simplicité rare. Score global : 8,6 / 10, premier sur ergonomie pure dans son segment.
Ce qui est gratuit avec Abby. Le plan gratuit couvre l’émission de factures électroniques au format Factur-X, le suivi en temps réel des plafonds de chiffre d’affaires micro (77 700 EUR pour les services BNC, 188 700 EUR pour les ventes de marchandises), la déclaration URSSAF mensuelle ou trimestrielle intégrée avec calcul automatique des cotisations, la création de devis et leur conversion en facture en un clic, et un parcours de saisie pensé pour créer une facture en moins d’une minute, y compris depuis le mobile. L’interface n’utilise aucun jargon comptable et explique chaque champ en langage clair.
Limites du gratuit Abby. Le plan gratuit est plafonné en volume mensuel de factures (le seuil exact est ajusté régulièrement par l’éditeur, comptez environ 10 à 15 documents par mois en gratuit). Au-delà, le passage au plan payant est obligatoire à 7,20 EUR par mois. Les fonctions absentes du gratuit incluent les relances automatiques avancées, l’encaissement en ligne via lien de paiement, et la connexion bancaire automatique. Une carte bancaire est demandée uniquement si vous activez l’essai 14 jours du plan payant, jamais pour le gratuit limité.
Pour qui est-ce fait. Abby est la meilleure PA gratuite pour un auto-entrepreneur en démarrage qui émet moins d’une dizaine de factures par mois et qui veut un outil ultra-simple, sans courbe d’apprentissage, avec le suivi URSSAF en bonus. C’est notre recommandation par défaut pour les profils non TVA (franchise en base) qui n’ont pas besoin des fonctions de déclaration TVA d’Indy. Au-delà de 15 factures par mois ou pour passer en TVA, mieux vaut basculer sur Indy ou Tiime.
Shine Facture : gratuit à vie, accessible sans compte pro
Shine Facture est l’outsider de notre sélection. À l’origine néobanque pro pour freelances, Shine a développé un module de facturation électronique gratuit à vie, illimité, sans engagement, accessible que vous soyez ou non client de leur compte pro. C’est la seule PA de notre sélection à ne pas plafonner le gratuit ni en volume, ni en CA. Score global : 8,5 / 10.
Ce qui est gratuit avec Shine Facture. Vous accédez à la facturation électronique illimitée au format Factur-X conforme DGFiP, à la création de devis avec acceptation en ligne, à la gestion d’un nombre illimité de clients, à des modèles de factures personnalisables avec votre logo et votre charte, et à l’archivage probant 10 ans. Vous pouvez créer un compte Shine Facture en moins de deux minutes avec votre numéro SIREN, sans saisir de carte bancaire et sans avoir à ouvrir le compte pro Shine en parallèle. Si vous le faites par la suite, l’intégration entre les deux outils est instantanée.
Limites du gratuit Shine Facture. L’outil reste centré sur la facturation pure. Il n’inclut pas de comptabilité automatisée à la manière d’Indy, pas de suivi URSSAF intégré comme Abby, et pas de reporting avancé multi-projets. La connexion bancaire automatique et les relances automatiques avancées ne sont disponibles qu’à condition d’avoir un compte pro Shine (à partir de 7,90 EUR par mois). Pour un usage strictement facturation, c’est suffisant ; pour piloter une activité de manière intégrée, mieux vaut Indy ou Tiime.
Pour qui est-ce fait. Shine Facture est parfait pour les freelances et TPE qui ont déjà leur compta ailleurs (expert-comptable, autre logiciel) et qui cherchent uniquement une PA conforme pour émettre leurs factures gratuitement et durablement. C’est aussi le bon choix pour les profils multi-activités qui gèrent plusieurs structures et veulent un outil unique pour la facturation, indépendant de leur banque pro principale.
Comparatif gratuit vs freemium vs payant : quelle solution pour quel profil ?
Le mot gratuit recouvre en 2026 trois réalités très différentes, et identifier laquelle correspond à votre profil évite la mauvaise surprise au 35e devis ou au premier dépassement de plafond. Plutôt qu’un tableau simpliste à six lignes, voici une lecture par cas d’usage réel, basée sur ce que nous voyons dans les données du quiz diagnostic.
Quand le 100 % gratuit suffit largement
Le vrai gratuit illimité couvre largement les besoins si vous êtes dans l’un des cas suivants : auto-entrepreneur en franchise en base de TVA avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à 30 000 EUR, freelance solo émettant moins de 30 factures par mois, profession libérale BNC avec un CA inférieur à 247 000 EUR, ou artisan-commerçant en démarrage qui priorise la simplicité d’usage. Dans ces situations, Tiime ou Indy couvrent 100 % du besoin sans frais. Le gratuit n’est pas un compromis, c’est l’option structurellement supérieure car elle vous évite un coût récurrent qui n’apporte aucune valeur additionnelle à votre échelle.
Le piège classique à ce stade, c’est de céder au freemium déguisé de marques mieux référencées qui demandent une CB à l’inscription et facturent dès la fin d’un essai de 14 ou 30 jours. Si vous démarrez et que la trésorerie est tendue, restez sur du vrai gratuit et migrez plus tard si besoin. Toutes les 151 PA agréées imposent l’export probant 10 ans, votre historique vous suit.
Quand un freemium devient nécessaire
Vous basculez vers la nécessité d’un freemium évolutif (et donc d’un éditeur qui propose des plans payants progressifs) quand vous cumulez plusieurs des signaux suivants : 1 à 3 collaborateurs qui doivent accéder au logiciel avec des droits différenciés, 50 à 200 factures par mois, besoin de déclaration de TVA pré-remplie mensuelle ou trimestrielle, relances automatiques avancées avec scénarios conditionnels, intégration native avec un expert-comptable externe (Pennylane, Cegid, Sage). Dans cette zone, Indy reste pertinent en gratuit jusqu’à 247 k EUR de CA puis bascule en douceur, et Tiime peut suffire en gratuit pour la facturation pure tout en activant Premium à 17,99 EUR pour les fonctions critiques.
L’écueil ici, c’est de rester en gratuit alors qu’un upgrade à 18 EUR par mois vous ferait gagner 4 à 8 heures par mois de tâches administratives. Avec une rémunération de dirigeant à 50 EUR de l’heure, l’upgrade est rentabilisé dès la première heure récupérée. La règle simple : si le gratuit vous fait perdre du temps que vous facturez par ailleurs, basculez.
Quand basculer en payant devient stratégique
Le passage en plan payant devient incontournable au-delà des seuils suivants : plus de 200 factures par mois, équipe de 3 personnes ou plus avec gestion de droits, besoin d’un ERP intégré (gestion des stocks, achats, paie), multi-devises ou activité internationale significative, archivage probant renforcé avec exigences sectorielles (santé, juridique, BTP). Sur ce terrain, les solutions de référence sont Sellsy à partir de 29 EUR par mois pour les TPE-PME en croissance, et Pennylane à partir de 14 EUR par mois pour les structures qui veulent une intégration comptable étroite avec leur expert-comptable.
Le calcul à faire, c’est celui du coût total de possession sur trois ans : un logiciel à 30 EUR par mois revient à 1 080 EUR sur trois ans, à comparer avec le coût horaire des saisies manuelles évitées et des erreurs comptables corrigées. Pour 90 % des PME au-dessus de 10 salariés, le calcul penche en faveur du payant dès la première année. Pour les détails, voir notre comparatif des coûts cachés gratuit vs payant.
Comment migrer d’une PA gratuite vers une payante sans perdre vos données
L’une des inquiétudes les plus fréquentes chez les utilisateurs qui hésitent à démarrer en gratuit, c’est la peur d’être prisonnier du logiciel et de ne pas pouvoir migrer le jour où l’activité grandit. C’est une inquiétude largement infondée en 2026, à condition de comprendre les mécanismes qu’impose la DGFiP à toutes les PA agréées.
La règle fondamentale, c’est l’archivage probant à valeur probatoire pendant 10 ans. Toute PA agréée doit conserver vos factures émises et reçues dans un format structuré exportable, accessible à tout moment via votre compte ou via une demande à l’éditeur. Concrètement, cela signifie que vous pouvez à n’importe quel instant télécharger l’intégralité de votre historique au format Factur-X, UBL ou CII, avec les pièces jointes et les statuts de cycle de vie associés. Cet export est un droit légal, pas une faveur commerciale.
La migration vers une autre PA suit ensuite trois étapes simples. Première étape : exportez votre historique depuis l’ancienne PA (généralement un fichier ZIP contenant les XML structurés et les PDF de visualisation). Deuxième étape : importez les données structurées dans la nouvelle PA via la fonction d’import dédiée que toutes les plateformes proposent. Troisième étape : mettez à jour votre désignation de PA dans l’annuaire central AIFE, le répertoire officiel qui indique aux émetteurs vers quelle plateforme vous adresser. Cette mise à jour se fait en ligne en quelques minutes et prend effet sous 24 à 72 heures.
Les pièges à éviter sont au nombre de trois. Premier piège : les PA propriétaires qui captent vos données dans un format non standard, rendant l’export coûteux ou techniquement complexe. Sur les 151 PA agréées, ce risque est devenu marginal puisque le format export probant est imposé par la DGFiP, mais vérifiez toujours la procédure d’export dans le centre d’aide avant de vous engager. Deuxième piège : les contrats avec engagement annuel qui imposent une période de préavis, ce qui retarde la migration et peut générer un mois de double facturation. Aucune des quatre PA gratuites listées dans ce guide n’impose d’engagement, c’est l’un des avantages structurels du gratuit. Troisième piège : oublier de mettre à jour vos coordonnées de PA chez vos clients réguliers, qui pourraient continuer à émettre vers l’ancienne plateforme pendant la transition. Communiquez systématiquement votre nouvelle PA à vos cinq plus gros clients par email simple.
Conformité DGFiP au 1er septembre 2026 : ce qu’une PA gratuite doit cocher
Toutes les PA listées dans ce guide passent les exigences de conformité 2026, mais il est utile de comprendre ce qui se cache derrière le statut PA agréé. La DGFiP publie une liste de critères techniques et juridiques qu’un éditeur doit respecter pour figurer au registre officiel, et c’est la grille de lecture qu’il faut connaître si vous évaluez un logiciel hors de notre sélection.
Le premier socle technique, c’est le support des trois formats structurés imposés par la réforme. Le format Factur-X, mixte PDF + XML embarqué, recommandé pour les TPE et indépendants en France. Le format UBL 2.1, XML pur standard international (norme OASIS), privilégié pour les flux EDI et les échanges internationaux. Le format CII (Cross Industry Invoice), XML pur norme UN/CEFACT, le plus déployé en industrie et grande distribution. Une PA doit supporter au minimum Factur-X pour être conforme à un usage français, et il est préférable qu’elle supporte les trois pour anticiper les flux multi-clients.
Le deuxième pilier, ce sont les statuts du cycle de vie de la facture que la PA doit pouvoir émettre et recevoir : « déposée », « rejetée », « refusée », « approuvée », « paiement effectué », et une dizaine de statuts intermédiaires définis par la norme. Ces statuts doivent transiter en temps réel entre la PA émettrice et la PA réceptrice via le concentrateur DGFiP, ce qui suppose une infrastructure technique robuste avec connexion API officielle.
Le troisième pilier, c’est l’archivage probant 10 ans à valeur probatoire devant l’administration et devant les tribunaux. La PA doit garantir l’intégrité, la traçabilité et la non-altération des factures stockées, via une signature électronique qualifiée ou un dispositif équivalent (horodatage, hashage, chaîne de blocs probante). Cet archivage doit être inclus dans le service, pas vendu en option, et accessible à l’utilisateur à tout moment.
Le quatrième pilier, plus récent, c’est la transmission des données d’e-reporting à la DGFiP pour les transactions B2C et internationales. C’est moins critique pour un freelance B2B pur, mais essentiel pour un commerçant ou un prestataire qui facture des particuliers ou à l’étranger. Une PA doit pouvoir collecter et transmettre ces données dans la fréquence imposée par votre régime de TVA (mensuel, trimestriel, bimestriel).
Enfin, l’éditeur doit publier ses quatre nouvelles mentions obligatoires sur les factures émises à partir du 1er septembre 2026 : la catégorie de l’opération (vente, prestation ou mixte), l’option pour le paiement de la TVA sur les débits le cas échéant, l’adresse de livraison si différente de l’adresse de facturation, et le numéro SIREN du client. Une facture sans ces mentions, même par ailleurs conforme, sera considérée comme non valide. Toutes les PA listées ici intègrent automatiquement ces champs dans leurs modèles par défaut.
Calendrier de la réforme de la facturation électronique
La réforme se déploie en deux grandes vagues définies par l’article 91 de la loi de finances pour 2024 et le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024. Voici les deux dates qui structurent l’année à venir pour toute entreprise française.
Même si vous êtes TPE, micro ou auto-entrepreneur et que l’obligation d’émission ne vous concerne qu’à partir de septembre 2027, vous devez être capable de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026. Concrètement, cela impose d’avoir choisi et activé une PA avant cette date, faute de quoi vos fournisseurs ne pourront pas vous facturer correctement. Les sanctions sont de 15 EUR par facture non conforme, plafonnées à 15 000 EUR par an. Pour le détail, voir notre rétro-planning détaillé ou notre guide complet de la réforme.
Questions fréquentes sur les logiciels de facturation électronique gratuits
Un logiciel gratuit est-il vraiment légal pour la facturation électronique 2026 ?
Oui, à condition que la plateforme soit agréée DGFiP avec statut PA officiel. Indy, Tiime, Abby et Shine figurent toutes les quatre sur la liste officielle des 151 plateformes agréées. Une solution gratuite non agréée ne sera pas conforme au 1er septembre 2026, peu importe la qualité du logiciel par ailleurs. Le statut PA est le seul critère qui compte au regard de la loi.
Quelles limites de volume en version gratuite ?
Les limites varient selon les éditeurs. Abby plafonne le volume mensuel de factures (environ 10 à 15 documents par mois selon la grille en vigueur). Indy reste gratuit jusqu’à 247 000 EUR de chiffre d’affaires annuel puis bascule en payant à 9 EUR par mois. Tiime n’a aucun plafond sur le nombre de factures, mais verrouille les fonctions premium (reporting avancé, multi-utilisateurs) à 17,99 EUR par mois. Shine Facture est totalement illimitée gratuitement, sans plafond ni de volume ni de CA.
Comment passer au payant sans perdre mes données ?
Les quatre plateformes proposent un upgrade en quelques clics depuis le compte utilisateur, avec conservation intégrale de l’historique de facturation, des clients enregistrés et des modèles personnalisés. Aucune migration technique n’est nécessaire, seul l’accès aux fonctions premium change. En cas de changement de PA complet, l’archivage probant 10 ans imposé par la DGFiP garantit l’export complet de vos factures aux formats Factur-X, UBL ou CII, avec les pièces jointes et les statuts de cycle de vie.
Une PA gratuite sera-t-elle bien conforme au 1er septembre 2026 ?
Oui pour les quatre PA listées dans ce guide. Indy, Tiime, Abby et Shine sont toutes agréées DGFiP avec statut PA confirmé sur le registre officiel mis à jour mensuellement. La conformité couvre la réception obligatoire pour toutes les entreprises au 1er septembre 2026 et l’émission obligatoire pour TPE, PME, micro-entreprises et auto-entrepreneurs au 1er septembre 2027. Voir notre guide complet de la réforme pour le détail.
Quelle PA gratuite pour un auto-entrepreneur sans TVA ?
Abby est la plus adaptée si vous démarrez : déclaration URSSAF intégrée, suivi des plafonds micro en temps réel, parcours ultra-simplifié sans jargon comptable. Shine Facture est une bonne alternative si vous prévoyez d’ouvrir un compte pro à terme et voulez un outil unique. Tiime reprend l’avantage dès que vous dépassez 15 factures par mois, grâce à son gratuit illimité. Voir le guide auto-entrepreneur.
Indy ou Tiime gratuit : lequel choisir en 2026 ?
Indy domine sur le profil BNC, libéraux, freelance grâce à sa comptabilité automatisée (déclaration TVA, liasse 2035 incluses) et son plafond gratuit à 247 000 EUR de CA. Tiime domine sur la facturation pure sans plafond, l’application mobile native iOS et Android, et les deux mois Premium offerts à l’inscription. Si vous êtes en BNC ou libéral, prenez Indy. Si vous êtes commerçant, prestataire BIC ou TPE, prenez Tiime. Pour le détail des différences, voir notre comparatif Indy vs Tiime.
Risque-t-on de perdre l’offre gratuite à terme ?
Le risque existe en théorie : un éditeur peut faire évoluer son modèle (réduction du plafond, ajout de limites). Mais la DGFiP impose la portabilité des données via l’archivage probant 10 ans, donc vous pouvez à tout moment exporter vos factures et changer de PA sans contrainte. Tiime et Indy sont positionnés sur la fintech et le freelance depuis plusieurs années, leur offre gratuite est un argument structurel d’acquisition, pas une promotion temporaire. Shine assume publiquement la gratuité à vie comme positionnement stratégique.
Quelles sanctions si je ne suis pas conforme au 1er septembre 2026 ?
15 EUR par facture non conforme, plafonné à 15 000 EUR par an pour l’amende d’émission. L’e-reporting non transmis est sanctionné séparément à 250 EUR par transmission, également plafonné à 15 000 EUR par an. Cadre légal détaillé sur Légifrance et dans la doctrine BOFiP-FE-30-20 publiée par la DGFiP. Une période de tolérance dans les premiers mois reste possible mais imprudente à anticiper.
Faut-il une carte bancaire à l’inscription sur ces PA gratuites ?
Non pour Indy, Tiime et Shine Facture : inscription par email avec votre numéro SIREN, aucune CB demandée tant que vous restez sur l’offre gratuite. Abby demande une carte bancaire uniquement pour activer l’essai 14 jours du plan payant, mais pas pour le plan gratuit limité. Aucun engagement contractuel sur les quatre PA listées : vous pouvez quitter à tout moment sans préavis ni frais.
Un logiciel gratuit gère-t-il vraiment l’archivage probant 10 ans ?
Oui. L’archivage probant à valeur probatoire pendant 10 ans est imposé à toutes les PA agréées, qu’elles soient gratuites ou payantes. C’est une condition non négociable du statut DGFiP. Les quatre PA listées dans ce guide stockent vos factures avec horodatage et signature électronique qualifiée, accessibles à tout moment depuis votre compte. Vous pouvez exporter l’historique au format Factur-X ou UBL à n’importe quel moment, c’est un droit légal.
Quelle PA gratuite pour un freelance qui facture à l’étranger ?
Tiime et Indy supportent les factures multi-devises et l’e-reporting des opérations internationales, qui transmet les données B2C et hors-UE à la DGFiP. Si vous facturez régulièrement en USD ou GBP, vérifiez que la fonction multi-devises est bien active sur le plan gratuit (parfois réservée au Premium). Pour les flux EDI sortants vers des grands comptes étrangers, le format UBL 2.1 est plus universel que Factur-X, vérifiez le support du format chez votre PA.
Quel quiz pour décider entre Indy, Tiime, Abby et Shine ?
Notre quiz diagnostic gratuit pose 8 questions courtes (statut juridique, CA prévisionnel, secteur d’activité, équipe, fonctions critiques) puis recommande les 3 PA les plus adaptées parmi les 113 agréées, avec score détaillé sur les 5 axes de notation. Compter 2 minutes en moyenne. Le résultat est envoyé par email avec un récapitulatif personnalisé et des liens directs vers les solutions recommandées.
Sources officielles : registre DGFiP des PA immatriculées, FNFE-MPE, cadre légal Légifrance, economie.gouv.fr et pages tarifaires publiques des éditeurs.
Critères pondérés : tarifs réels et limites du gratuit (30 %), conformité DGFiP et formats Factur-X (25 %), ergonomie et prise en main (20 %), support en version gratuite (15 %), évolutivité freemium vers payant (10 %). Tests effectués sur compte gratuit en conditions réelles.
Mise à jour : registre des 151 PA mis à jour mensuellement par la DGFiP. Cette page est revue à chaque évolution majeure des grilles tarifaires des éditeurs cités.
Transparence : certains liens de cette page sont des liens partenaires rémunérés, sans surcoût pour vous. Ils ne modifient ni nos notes ni notre classement, établis selon notre méthodologie publique.