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E-reporting TVA : tout comprendre sur la nouvelle obligation 2026

Le e-reporting TVA impose aux entreprises de transmettre leurs données de transactions B2C et internationales à l’administration fiscale. Calendrier, format, mise en conformité : voici ce que vous devez savoir avant septembre 2026.
La rédaction CFE
Mis à jour le 26 avril 2026
11 min de lecture

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💡Ce qu’il faut retenir :
Le e-reporting TVA concerne les transactions B2C domestiques et les opérations internationales (B2B et B2C) non couvertes par la facturation électronique.
Les données transmises incluent le montant HT, la TVA collectée, la date et la nature de l’opération, l’objectif est le pré-remplissage des déclarations de TVA.
Le calendrier suit celui de la facturation électronique : septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, septembre 2027 pour les PME et TPE.
La transmission s’effectue via le PPF (Portail Public de Facturation) ou une PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire) agréée par l’administration.

Qu’est-ce que le e-reporting TVA ?

Le e-reporting TVA désigne l’obligation de transmettre à l’administration fiscale les données de transaction qui échappent au périmètre de la facturation électronique interentreprises (B2B). Concrètement, la facturation électronique couvre les échanges entre assujettis à la TVA établis en France. Le e-reporting complète ce dispositif en capturant tout le reste.

Trois catégories de flux sont visées. Les ventes B2C (business-to-consumer) réalisées en France, qui représentent un volume massif : pensez aux commerces de détail, aux restaurants, aux prestataires de services aux particuliers. Les transactions avec des partenaires étrangers, qu’il s’agisse de ventes ou d’achats B2B transfrontaliers. Et enfin les opérations réalisées avec des non-assujettis à la TVA.

L’objectif affiché par la DGFiP est triple. D’abord, pré-remplir les déclarations de TVA (CA3) pour réduire les erreurs déclaratives. Ensuite, lutter contre la fraude à la TVA, estimée à plus de 20 milliards d’euros par an en France selon la Cour des comptes. Enfin, offrir aux entreprises une vision consolidée de leur activité grâce au PPF.

À noter : Le e-reporting ne remplace pas la facturation. Vous continuez d’émettre vos factures et tickets de caisse normalement. Le e-reporting ajoute une couche de transmission de données agrégées à l’administration fiscale.

Qui est concerné par le e-reporting ?

Toute entreprise assujettie à la TVA et établie en France est potentiellement concernée par le e-reporting. La question n’est pas « si » mais « quand ». Le calendrier de déploiement distingue deux vagues selon la taille de l’entreprise.

Illustration e reporting tva
Illustration e reporting tvaPhoto : RDNE Stock project / Pexels

Entreprises soumises dès septembre 2026

Les grandes entreprises (plus de 5 000 salariés ou CA supérieur à 1,5 milliard d’euros) et les ETI (entreprises de taille intermédiaire, entre 250 et 4 999 salariés) ouvrent le bal. Ces structures disposent généralement d’un ERP et d’équipes comptables structurées. Le délai de préparation reste serré : 6 mois avant l’échéance, le paramétrage des outils doit être lancé.

PME et TPE : septembre 2027

Les PME (10 à 249 salariés) et les TPE (moins de 10 salariés, y compris les auto-entrepreneurs) bénéficient d’un an de décalage. Ce report ne doit pas devenir un prétexte pour repousser la préparation. Notre analyse de 113 plateformes agréées montre que les solutions comme Tiime et Qonto intègrent déjà le e-reporting dans leurs fonctionnalités standard, sans surcoût.

Cas particuliers

Les micro-entrepreneurs au régime de franchise en base de TVA ne sont pas exemptés du e-reporting s’ils réalisent des opérations internationales. Les associations assujetties à la TVA sur certaines activités commerciales doivent également transmettre leurs données. Les professions médicales et les organismes de formation exonérés de TVA ne sont pas concernés, sauf pour leurs opérations imposables.

Quelles données transmettre et sous quel format ?

Le e-reporting impose la transmission d’un jeu de données structuré pour chaque transaction concernée. Le format et le contenu varient selon la nature de l’opération.

Type d’opération Données requises Fréquence Format
Ventes B2C France Montant HT, TVA, date, nature Au fil de l’eau ou par lot Flux XML/JSON via PPF ou PDP
Ventes B2B international Montant HT, TVA, pays, SIREN client Au fil de l’eau ou par lot Flux XML/JSON via PPF ou PDP
Achats B2B international Montant HT, TVA due, pays fournisseur Au fil de l’eau ou par lot Flux XML/JSON via PPF ou PDP
Encaissements B2C (prestations) Montant encaissé, date encaissement Mensuelle ou bimestrielle Flux XML/JSON via PPF ou PDP

La fréquence de transmission dépend de votre régime de TVA. Les entreprises au régime réel normal (déclaration CA3 mensuelle) transmettent mensuellement. Celles au régime simplifié peuvent opter pour une transmission bimestrielle. Les grandes entreprises équipées de systèmes automatisés privilégient souvent le flux au fil de l’eau, qui réduit les risques d’oubli.

La transmission passe obligatoirement par le PPF ou une PDP agréée. Vous ne pouvez pas envoyer ces données par email ou via un portail maison. Le choix entre PPF (gratuit, fonctionnalités basiques) et PDP (payant, services avancés) est détaillé dans notre comparatif dédié.

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E-reporting et facturation électronique : quelle articulation ?

La confusion entre e-reporting et facturation électronique reste fréquente. Les deux obligations sont complémentaires mais distinctes. La facturation électronique concerne les échanges B2B domestiques : une entreprise française facture une autre entreprise française via une facture au format structuré (Factur-X, UBL ou CII). Le e-reporting capte tout ce qui passe à côté de ce périmètre.

Un exemple concret clarifie la situation. Imaginons un cabinet de conseil qui facture trois types de clients : des entreprises françaises (B2B domestique), des particuliers pour des formations (B2C) et un client belge (B2B international). La facturation électronique couvre le premier flux. Le e-reporting couvre les deux autres. Le cabinet doit se conformer aux deux obligations.

Une seule plateforme pour les deux

La bonne nouvelle : les plateformes agréées gèrent les deux flux. Tiime, par exemple, détecte automatiquement si une transaction relève de la facturation électronique ou du e-reporting et route les données vers le bon canal. Qonto propose un traitement similaire pour ses utilisateurs professionnels. Selon notre méthodologie FE-Score, les PA qui intègrent nativement le e-reporting obtiennent un bonus de 0,5 point sur le critère « Fonctionnalités ».

Attention : Certaines solutions du marché ne couvrent que la facturation électronique B2B et nécessitent un module complémentaire (souvent payant) pour le e-reporting. Vérifiez ce point avant de choisir votre plateforme.

Comment se préparer au e-reporting TVA

La mise en conformité ne s’improvise pas. Voici les étapes à suivre selon votre échéance (septembre 2026 ou septembre 2027).

Illustration e reporting tva
Illustration e reporting tvaPhoto : RDNE Stock project / Pexels

1. Cartographier vos flux

Identifiez toutes les transactions qui relèvent du e-reporting dans votre activité. Listez vos ventes B2C, vos opérations internationales, vos encaissements sur prestations de services. Un cabinet comptable traite en moyenne 40 % de flux B2C et 15 % de flux internationaux, ces proportions varient fortement selon le secteur.

2. Choisir votre plateforme

La plateforme doit gérer à la fois la facturation électronique et le e-reporting. Notre analyse de 113 PA agréées montre que 78 d’entre elles proposent le e-reporting intégré. Les 28 restantes nécessitent un connecteur tiers ou une saisie manuelle. Le quiz de diagnostic vous oriente vers les solutions adaptées à votre profil.

3. Paramétrer et tester

Une fois la plateforme choisie, prévoyez 2 à 4 semaines de paramétrage. Configurez les catégories de transactions, les taux de TVA applicables, les fréquences de transmission. Lancez une phase de test sur un mois complet avant la date d’obligation pour détecter les anomalies.

4. Former les équipes

Le e-reporting modifie les habitudes de saisie comptable. Les collaborateurs doivent comprendre quels flux sont concernés, comment les catégoriser, et comment vérifier les transmissions. Une formation d’une demi-journée suffit dans la plupart des cas.

Sanctions en cas de non-respect du e-reporting

Le législateur a prévu des sanctions spécifiques pour le non-respect du e-reporting, distinctes de celles liées à la facturation électronique. L’article 1737 du Code Général des Impôts fixe le cadre.

Chaque transmission manquante expose l’entreprise à une amende de 250 euros. Le plafond annuel est fixé à 15 000 euros. Pour une PME qui oublie de transmettre ses données B2C pendant 6 mois (6 transmissions mensuelles manquantes), l’addition monte à 1 500 euros. Les détails des sanctions sont développés dans notre guide dédié.

La DGFiP a toutefois laissé entendre qu’une période de tolérance serait appliquée dans les premiers mois, comme ce fut le cas lors du déploiement de Chorus Pro en 2017. Cette tolérance ne dispense pas de se préparer : les contrôles fiscaux ultérieurs pourraient remonter jusqu’à la date d’obligation légale.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre e-reporting et facturation électronique ?
La facturation électronique concerne les échanges B2B entre entreprises françaises assujetties à la TVA. Le e-reporting couvre les transactions B2C domestiques et les opérations internationales (B2B et B2C). Les deux obligations sont complémentaires et entrent en vigueur selon le même calendrier.
Les auto-entrepreneurs sont-ils concernés par le e-reporting TVA ?
Les auto-entrepreneurs en franchise en base de TVA ne sont pas soumis au e-reporting pour leurs ventes B2C en France. En revanche, s’ils réalisent des opérations internationales (ventes ou achats avec des partenaires étrangers), ils doivent transmettre ces données via le e-reporting à partir de septembre 2027.
Quel est le montant des amendes en cas de non-respect du e-reporting ?
L’amende est de 250 euros par transmission manquante, plafonnée à 15 000 euros par année civile (article 1737 du CGI). Une période de tolérance est probable dans les premiers mois suivant l’entrée en vigueur de l’obligation.
Comment transmettre les données de e-reporting à l’administration ?
La transmission s’effectue exclusivement via le Portail Public de Facturation (PPF) ou une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) agréée. Le PPF est gratuit avec des fonctionnalités de base. Les PDP offrent des services plus avancés (intégration comptable, automatisation, reporting). Aucun autre canal n’est accepté.
À quelle fréquence faut-il transmettre les données de e-reporting ?
La fréquence dépend de votre régime de TVA. Les entreprises au régime réel normal transmettent mensuellement. Celles au régime simplifié peuvent opter pour une transmission bimestrielle. Les grandes entreprises privilégient souvent le flux au fil de l’eau (transmission en temps réel ou quasi-réel).

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