Sanctions facturation électronique : amendes et pénalités 2026
Quel est le barème exact des amendes en cas de non-conformité à la réforme 2026 ? Article 1737 du CGI : 15€ par facture manquante, 15 000€ de plafond annuel, 30€ en cas de récidive, 250€ par oubli d’e-reporting. Voici le détail des sanctions, les délais de régularisation et les bons réflexes pour rester en conformité.
Comment aborder le sujet ?
L’amende de base : 15 € par facture non conforme

Le cœur du dispositif de sanctions repose sur l’article 1737 du Code général des impôts. À compter de l’entrée en vigueur de l’obligation pour votre entreprise, toute facture émise hors du format électronique requis (Factur-X, UBL ou CII) expose à une amende de 15 € par facture manquante.
L’amende s’applique aussi bien à l’absence totale d’émission au format électronique qu’aux factures émises via une plateforme non agréée. Seules les 151 PA immatriculées par la DGFiP au 4 avril 2026 permettent d’émettre des factures conformes.
Qui est concerné et à quelle date
L’obligation d’émission entre en vigueur de manière échelonnée selon la taille de l’entreprise. Les grandes entreprises et ETI sont assujetties dès septembre 2026. Les TPE et PME ont jusqu’à septembre 2027. La réception, en revanche, est obligatoire pour toutes les entreprises dès septembre 2026, sans dérogation.
Tant que votre obligation d’émission n’est pas active, vous ne risquez aucune sanction sur ce volet. Mais le calendrier officiel impose à 100% des assujettis TVA de pouvoir recevoir une facture électronique dès septembre 2026 — ce qui suppose d’être inscrit auprès d’une PA (anciennement PDP) avant cette échéance.
« Les manquements à l’obligation d’émission de la facture sous une forme électronique […] donnent lieu à l’application d’une amende de 15 € par facture, sans que le total des amendes appliquées au titre d’une même année civile puisse être supérieur à 15 000 €. »
Article 1737 du Code général des impôts (extrait)
Plafond annuel et logique de cumul
Le législateur a prévu un plafond protecteur pour éviter qu’un manquement répété conduise à des sanctions disproportionnées. Le total cumulé des amendes facturation électronique est plafonné à 15 000 € par année civile et par entreprise.
Concrètement, à 15 € par facture, le plafond est atteint dès 1 000 factures non conformes sur l’année. Au-delà, l’entreprise n’est plus exposée à des amendes supplémentaires sur ce volet, mais reste sous risque de redressement TVA et de mise en demeure de l’administration.
Cumul avec d’autres sanctions fiscales
L’amende facturation électronique n’exonère pas des autres sanctions fiscales prévues par le CGI. En cas de fraude caractérisée, de manquement délibéré ou de défaut volontaire, l’administration peut cumuler :
- Pénalité de 40 % pour manquement délibéré (article 1729 CGI)
- Majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses
- Intérêts de retard à 0,20 % par mois
- Redressement TVA et reprise des déductions abusives
Récidive : doublement de l’amende à 30 €
L’article 1737 du CGI prévoit un mécanisme de récidive aggravante. Toute nouvelle infraction constatée dans les deux années suivant une première sanction entraîne le doublement de l’amende unitaire : 30 € par facture au lieu de 15 €.
Le plafond annuel de 15 000 € reste inchangé en cas de récidive : il s’applique au cumul d’amendes peu importe le taux unitaire. Mais l’atteinte du plafond est deux fois plus rapide (500 factures contre 1 000 hors récidive).
E-reporting : amende dédiée de 250 €

L’e-reporting concerne les transactions hors champ B2B France : ventes B2C, exports, opérations intracommunautaires, prestations internationales. Toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées par cette obligation déclarative parallèle aux factures électroniques.
L’absence ou le retard de transmission d’e-reporting est sanctionné par une amende de 250 € par transmission manquante, plafonnée également à 15 000 € par année civile et par entreprise. La fréquence varie selon le régime TVA : mensuelle pour le régime réel normal, trimestrielle pour le régime simplifié.
Total des ventes au comptant et opérations B2C non couvertes par une facture électronique entre assujettis. Données agrégées, pas facture par facture.
Encaissements liés aux factures de prestations de services. Permet à la DGFiP de suivre la TVA sur encaissements en quasi temps réel.
Ventes hors UE, importations, livraisons intracommunautaires. Le format de transmission est défini par la DGFiP via les PA.
Amende plafonnée à 15 000 €/an. Plafond distinct de l’amende émission. Régularisation spontanée possible sous 30 jours sans amende.
Régularisation : 60 jours de tolérance
La DGFiP a explicitement annoncé une période de tolérance pour accompagner la transition. Aucune amende n’est appliquée sans mise en demeure préalable, et un délai de 60 jours est accordé pour régulariser la situation après la première notification.
Trois scénarios de régularisation
- Régularisation spontanée avant tout contrôle : aucune amende dans la majorité des cas, simple obligation de produire les factures conformes.
- Régularisation après mise en demeure dans les 60 jours : pas d’amende sur les factures du mois en cours, application possible sur les factures antérieures non régularisées.
- Absence de régularisation au-delà de 60 jours : application pleine de l’article 1737 CGI, exposition au plafond et au mécanisme de récidive.
Comment éviter les sanctions en pratique
La meilleure prévention reste l’inscription anticipée sur une PA agréée et la mise en place du flux complet (émission, réception, archivage) avant l’entrée en vigueur de votre obligation. Cinq actions concrètes :
1. Choisir une PA agréée DGFiP
Seules les 151 PA immatriculées émettent des factures conformes. Une entreprise qui émet via un outil non agréé après l’échéance s’expose à l’amende de 15 €/facture, même si le format technique est correct. Notre comparateur permet d’identifier la bonne PA selon votre profil.
2. Tester avant la date butoir
Émettre quelques factures de test au moins 30 jours avant le passage obligatoire. Cela permet d’identifier les blocages techniques (mauvais SIRET destinataire, format de pièce jointe incompatible, mentions obligatoires absentes) sans risquer la sanction.
3. Vérifier la chaîne de réception
L’obligation de réception démarre pour toutes les entreprises dès septembre 2026. Confirmez avec votre PA que votre annuaire est à jour et que vous recevez bien les factures de vos fournisseurs. Une absence de réception peut entraîner des litiges commerciaux et un défaut de déduction TVA.
4. Surveiller l’e-reporting
L’e-reporting est l’angle mort de nombreux projets : les entreprises se concentrent sur l’émission B2B et oublient les flux B2C ou internationaux. Vérifiez avec votre PA que toutes vos opérations sont couvertes et que les transmissions sont bien automatisées.
5. Documenter la conformité
Conservez les preuves d’émission (accusés de réception PA), les rapports d’e-reporting, les contrats avec votre plateforme. Ces éléments constituent une preuve de bonne foi en cas de contrôle DGFiP, ce qui peut faire la différence entre une simple régularisation et l’application des amendes.
Tableau récapitulatif des sanctions 2026
Synthèse du barème complet des amendes liées à la facturation électronique et à l’e-reporting, telles que définies par l’article 1737 du CGI et précisées par les commentaires BOFiP :
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Quelle est l’amende pour non-émission d’une facture électronique en 2026 ?
L’amende est de 15 € par facture non émise au format électronique conforme (Factur-X, UBL ou CII via une PA agréée), plafonnée à 15 000 € par année civile et par entreprise (article 1737 du CGI). En cas de récidive dans les deux ans, le montant unitaire passe à 30 €.
Quel est le plafond annuel des amendes facturation électronique ?
Le plafond est fixé à 15 000 € par année civile et par entreprise pour les manquements à l’obligation d’émission. L’amende e-reporting est plafonnée séparément à 15 000 € également. Une entreprise non conforme sur les deux volets peut donc cumuler jusqu’à 30 000 € de sanctions par an.
Que risque-t-on en cas d’oubli d’e-reporting ?
L’amende est de 250 € par transmission manquante d’e-reporting (transactions B2C, exports, opérations internationales, encaissements). Plafond annuel de 15 000 € distinct du plafond émission. La fréquence de transmission dépend de votre régime TVA (mensuelle au réel normal, trimestrielle au simplifié).
Peut-on régulariser sans payer d’amende ?
Oui dans la majorité des cas. La DGFiP applique une tolérance de 60 jours après la première mise en demeure pour régulariser la situation. Une régularisation spontanée avant tout contrôle évite l’amende. Au-delà de 60 jours, l’article 1737 CGI s’applique pleinement, avec exposition au mécanisme de récidive.
Les TPE sont-elles concernées par les sanctions dès septembre 2026 ?
Pour la réception : oui, toutes les entreprises (y compris TPE et micro) doivent pouvoir recevoir une facture électronique dès septembre 2026. Pour l’émission : les TPE et PME ont jusqu’à septembre 2027 — les sanctions article 1737 CGI ne s’appliquent qu’après cette échéance pour ce volet.