Facturation électronique restauration : guide pour les restaurants et hôtels (2026)
La réforme de la facturation électronique vue par les restaurateurs
La France compte environ 175 000 restaurants et 18 000 hôtels. La quasi-totalité de leur chiffre d’affaires provient de ventes directes aux consommateurs. Cette dominante B2C change radicalement l’impact de la réforme de la facturation électronique par rapport à d’autres secteurs. Un restaurant n’émet pas de factures B2B en masse, ses flux sortants sont des tickets de caisse.
La réforme touche pourtant les restaurateurs sur deux volets distincts. Le premier : la réception de factures électroniques de leurs fournisseurs (grossistes alimentaires, fournisseurs de boissons, prestataires d’entretien). Dès septembre 2026, ces factures arriveront au format électronique et devront être traitées via une PA agréée.
Le second volet, moins visible mais tout aussi contraignant, concerne l’e-reporting. Chaque transaction B2C doit faire l’objet d’une transmission de données de TVA à l’administration fiscale. Les restaurateurs devront déclarer leurs encaissements ventilés par taux de TVA, avec un niveau de détail inédit. Découvrez aussi notre guide par secteur d’activité.
Spécificités du secteur CHR pour la facturation électronique
TVA multi-taux : le casse-tête quotidien
Un restaurant classique applique trois taux de TVA sur un même ticket. Les produits alimentaires à emporter relèvent du taux réduit de 5,5 %. La restauration sur place est taxée à 10 %. Les boissons alcoolisées supportent le taux normal de 20 %. Un client qui déjeune sur place avec une bière et emporte un dessert génère trois lignes de TVA distinctes.

La PA doit ventiler automatiquement ces taux en fonction de la nature du produit et du mode de consommation (sur place ou à emporter). Un paramétrage incorrect fausse l’e-reporting et expose le restaurateur à un redressement. Sur les 113 PA analysées, toutes gèrent la multi-TVA, mais certaines facilitent la configuration par catégorie de produit.
Cas du click & collect : Les commandes à emporter passées en ligne relèvent du taux de 5,5 % pour les produits alimentaires (hors alcool). La livraison à domicile suit les mêmes règles. Votre caisse et votre PA doivent appliquer le bon taux selon le canal de vente.
Ticket de caisse vs facture électronique
Un ticket de caisse n’est pas une facture. En B2C, le restaurateur émet un ticket via sa caisse enregistreuse certifiée NF525. Ce ticket ne transite pas par la PA sous forme de facture électronique. En revanche, les données agrégées de TVA (e-reporting) doivent être transmises à la DGFiP.
La facture électronique intervient dans deux cas précis en restauration. Premier cas : un client professionnel demande une facture (repas d’affaires, séminaire d’entreprise, note d’hôtel d’un salarié en déplacement). Cette facture B2B doit transiter au format électronique via la PA. Second cas : les factures reçues des fournisseurs, toutes au format électronique à partir de 2026.
E-reporting des ventes B2C
L’e-reporting impose aux restaurateurs de transmettre périodiquement les données de chiffre d’affaires B2C ventilées par taux de TVA. Cette transmission passe par la PA ou le PPF. Le calendrier prévoit une mise en place progressive, mais la connexion entre caisse et PA doit être opérationnelle dès le départ.
Concrètement, la caisse NF525 enregistre chaque vente. En fin de journée (ou en temps réel selon la solution), les totaux par taux de TVA sont transmis à la PA, qui les formate et les envoie à l’administration. Le restaurateur n’a rien à saisir manuellement si l’intégration caisse-PA fonctionne correctement.
Pourboires : traitement fiscal spécifique
Les pourboires versés par carte bancaire transitent par la caisse mais ne sont pas soumis à TVA. Ils doivent apparaître de manière distincte dans les encaissements. La PA doit les exclure de l’assiette de TVA déclarée en e-reporting. Depuis le 1er janvier 2024, les pourboires versés par carte sont exonérés de charges sociales et d’impôt sur le revenu pour les salariés gagnant moins de 1,6 SMIC.
Notes de frais clients et e-reporting
Quand un salarié règle un repas d’affaires et demande une facture, cette transaction bascule du B2C au B2B. La facture doit alors transiter au format électronique via la PA. Le restaurateur a besoin d’un processus rapide pour émettre une facture B2B à la demande, sans bloquer le service. Certaines PA proposent une génération de facture depuis le ticket de caisse en quelques clics.
Comparatif des PA pour la restauration et l’hôtellerie
Notre méthodologie FE-Score évalue les 113 PA agréées. Pour le secteur CHR, nous avons pondéré la facilité d’intégration caisse, la gestion multi-TVA et le rapport qualité-prix pour des structures à faible volume de factures B2B.
| Critère | Tiime | Qonto | Kolecto |
|---|---|---|---|
| FE-Score | 9.0/10 | 8.9/10 | 7.4/10 |
| Tarif | Gratuit | Dès 9 €/mois | Sur devis |
| Multi-TVA | Oui | Oui | Oui |
| E-reporting B2C | Oui | Oui | Oui |
| Intégration caisse POS | Limitée | Limitée | Oui |
| Compte bancaire pro | Non | Oui | Non |
| Cible principale | TPE/indépendants | TPE/PME | TPE/artisans |
Le choix optimal dépend de la taille de l’établissement. Un restaurant indépendant avec un comptable externe privilégiera la simplicité de Tiime. Une chaîne de 5 restaurants avec un besoin de centralisation bancaire se tournera vers Qonto.
Top 3 des PA pour les restaurants et hôtels
Voici nos trois recommandations issues de l’analyse de 113 PA, pondérées par les critères spécifiques au secteur CHR (gestion multi-TVA, intégration caisse, e-reporting B2C, facilité de prise en main).
4 étapes pour préparer votre restaurant à la facturation électronique
Étape 1 : Vérifier la compatibilité de votre caisse
Votre caisse enregistreuse certifiée NF525 doit pouvoir exporter les données de vente vers une PA. Contactez votre fournisseur de caisse (Lightspeed, SumUp, Zelty, L’Addition, Tiller) pour vérifier qu’une API ou un export automatisé existe. Si votre caisse date d’avant 2020, un remplacement peut s’avérer nécessaire.
Étape 2 : Choisir votre PA en fonction de vos flux
Un restaurant indépendant reçoit 20 à 50 factures fournisseurs par mois et émet rarement des factures B2B. Ce profil ne justifie pas une PA complexe. Une chaîne hôtelière avec des séminaires d’entreprise et des clients corporate a besoin d’une PA capable d’émettre des factures B2B à la demande. Consultez notre top 10 des PA agréées pour affiner votre choix.
Étape 3 : Paramétrer la ventilation TVA
Configurez vos catégories de produits avec le bon taux de TVA : 5,5 % pour le à emporter alimentaire, 10 % pour la consommation sur place, 20 % pour l’alcool. Testez sur un service complet pour vérifier que les totaux correspondent entre la caisse et la PA. Une erreur de ventilation TVA se répercute sur chaque ticket, soit des centaines de transactions par jour.
Étape 4 : Préparer l’e-reporting
Définissez la fréquence de transmission (journalière ou agrégée) et testez le flux caisse → PA → DGFiP. Vos premiers e-reportings seront scrutés par l’administration. Mieux vaut roder le processus avant la date butoir que corriger des anomalies sous pression.
Attention : Les restaurateurs qui utilisent plusieurs caisses (salle, terrasse, bar, room service pour les hôtels) doivent vérifier que chaque point de vente remonte correctement vers la PA. Un flux manquant fausse l’e-reporting et peut déclencher un contrôle fiscal.
5 erreurs courantes des restaurateurs face à la facturation électronique
Penser que le B2C n’est pas concerné. Les ventes aux particuliers ne génèrent pas de factures électroniques, mais l’e-reporting est obligatoire. Les données de TVA de chaque journée de service doivent être transmises à la DGFiP. Ignorer ce volet expose le restaurateur à des sanctions.

Confondre caisse NF525 et PA. La caisse enregistre les ventes et édite les tickets. La PA gère les factures électroniques B2B et transmet l’e-reporting à l’administration. Ce sont deux outils complémentaires, pas interchangeables. Certains éditeurs de caisse deviennent PDP, ce qui simplifie l’architecture mais ne dispense pas de vérifier l’agrément DGFiP.
Mal ventiler les taux de TVA. Un café servi sur place relève du taux de 10 %. Le même café à emporter est à 5,5 %. Un verre de vin est toujours à 20 %, sur place ou à emporter. Ces subtilités, familières aux restaurateurs, doivent être correctement paramétrées dans la PA pour que l’e-reporting soit exact.
Négliger les factures fournisseurs. Le restaurateur se concentre souvent sur ses ventes et oublie que ses fournisseurs lui enverront des factures électroniques dès septembre 2026. Sans PA configurée pour les recevoir, ces factures resteront en attente et les paiements prendront du retard.
Reporter la migration au dernier moment. La restauration est un secteur où les marges sont serrées et le temps compte. Choisir une PA en août 2026, la configurer en urgence et former l’équipe pendant le service du midi est une recette pour les erreurs. Les restaurateurs les mieux préparés testent leur solution 3 à 6 mois avant l’échéance.
Questions fréquentes
Un restaurant doit-il émettre des factures électroniques pour ses clients ?
Comment gérer les 3 taux de TVA en restauration avec une PA ?
Ma caisse enregistreuse NF525 suffit-elle pour la facturation électronique ?
Les pourboires par carte sont-ils déclarés en e-reporting ?
Quel est le coût d’une PA pour un petit restaurant ?
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